Bluesky lève 100 millions de dollars dans l’ombre et confie les commandes à un nouveau dirigeant

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Bluesky lève 100 millions de dollars dans l'ombre et confie les commandes à un nouveau dirigeantAprès avoir dévoilé sa feuille de route au début de l’année, Bluesky franchit une nouvelle étape financière, tout en opérant un changement stratégique en interne. Derrière une annonce, publiée avec plusieurs mois de décalage, se dessine une volonté de structuration plus que de communication… Une levée de fonds révélée avec un an de retard Dans […]

Après avoir dévoilé sa feuille de route au début de l’annéeBluesky franchit une nouvelle étape financière, tout en opérant un changement stratégique en interne.

Derrière une annonce, publiée avec plusieurs mois de décalage, se dessine une volonté de structuration plus que de communication…

Une levée de fonds révélée avec un an de retard

Dans un communiqué de presse, Bluesky a officialisé une levée de fonds de 100 millions de dollars en série B, menée par Bain Capital Crypto, avec la participation de plusieurs investisseurs comme Alumni Ventures ou encore Bloomberg Beta, dans un tour de table bouclé en avril 2025… sans être rendu public à l’époque.

Ce choix tranche avec les pratiques habituelles des start-up, qui mettent généralement en avant leurs levées pour renforcer leur visibilité. Ici, Bluesky semble avoir privilégié le développement de son produit et la structuration de son écosystème avant toute communication.

Depuis sa série A de 15 millions de dollars en 2024, la plateforme a connu une forte croissance, passant de 13 à plus de 40 millions d’utilisateurs en novembre dernier.

Une progression qui témoigne d’un intérêt croissant pour les réseaux sociaux alternatifs, notamment dans un contexte de défiance envers les modèles traditionnels.

Un changement de direction pour passer à l’échelle

Cette annonce intervient quelques jours après un tournant majeur, plus précisément le retrait de Jay Graber de son poste de CEO. Néanmoins, la fondatrice conserve un rôle stratégique en devenant directrice de l’innovation, en se concentrant sur le développement du protocole technique de la plateforme.

Pour assurer la transition, c’est Toni Schneider, ancien PDG d’Automattic, qui prend la tête de l’entreprise à titre intérimaire. Un profil orienté sur l’exécution, chargé d’accompagner la montée en puissance de la plateforme.

Ce repositionnement illustre une évolution classique dans la tech, avec le passage d’une phase d’innovation à une phase d’industrialisation. Là où Jay Graber a construit les fondations, la nouvelle direction devra désormais transformer l’essai sur le plan économique.

Le pari d’un réseau social réellement décentralisé

Au coeur de la proposition de valeur de Bluesky se trouve le protocole AT Protocol, une infrastructure ouverte qui permet de dissocier l’identité, les données et les applications. Contrairement aux plateformes traditionnelles, les utilisateurs ne sont plus dépendants d’un service unique pour exister en ligne.

Cet argument structurel séduit à la fois les utilisateurs et les investisseurs, notamment ceux issus de l’écosystème crypto, même si Bluesky ne repose pas sur la blockchain. Aujourd’hui, l’écosystème compte déjà plus de 1 000 applications actives et un volume massif de données publiques échangées.

Toutefois, la question du modèle économique reste une question en suspens. Fidèle à sa philosophie, la plateforme mise sur des abonnements et des services payants, plutôt que sur la publicité ciblée. Une approche cohérente, mais qui devra encore faire ses preuves à grande échelle face à des concurrents comme Meta ou X…

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